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Le Pilote

Benjamin GARAVEL :

Sa carrière de pilote !

 

Depuis mon plus jeune âge, je rêve de devenir pilote. Passionné par l’aviation, j’ai eu la chance de grandir à proximité d’un aérodrome, où je passais des heures à observer les avions évoluer dans le ciel. À chaque passage, je m’imaginais aux commandes, avec la conviction qu’un jour, ce serait moi qui piloterais ces appareils.

À l’âge de 17 ans, j’ai concrétisé ce rêve en débutant ma formation de pilote de planeur. Cette première expérience m’a permis de découvrir les sensations uniques du vol et de confirmer ma vocation. J’ai ensuite poursuivi mon parcours en entreprenant la longue et exigeante formation de pilote d’avion, avec un objectif bien précis : devenir pilote de ligne.

Pour mieux comprendre ce parcours, je vous invite à découvrir les différentes étapes de ma formation de pilote.

 

Etape 1 : Licence de Pilote de Planeur

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À l’hiver 2007, je me suis inscrit au CSVVA, le club de vol à voile de Challes-les-Eaux, afin de débuter ma formation de pilote de planeur. Un ancien pilote m’avait conseillé de commencer par cette discipline, considérée comme l’une des meilleures écoles de pilotage. Le planeur permet en effet de développer très tôt les qualités essentielles d’un pilote : la précision, l’anticipation et la maîtrise des trajectoires.

Le 7 mai 2008, après 13 heures de vol en double commande avec un instructeur, est arrivé le moment tant attendu de mon premier vol en solo : le "lâché".  Être seul à bord pour la première fois est une expérience indescriptible, mêlant émotion, concentration et fierté. C’est un souvenir qui restera gravé à jamais dans ma mémoire.

Quelques mois plus tard, le 21 septembre 2008, après 30 heures de formation, j’ai obtenu ma licence de pilote de planeur. Cette étape marquait l’aboutissement de ma première formation aéronautique et confirmait plus que jamais mon envie de faire du pilotage mon métier.

Naturellement, j’ai ensuite poursuivi mon parcours en entamant une formation de pilote d’avion, avec l’ambition de devenir pilote de ligne.

 

Etape 2 : Licence de Pilote Privé (PPL)

 

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La Licence de Pilote Privé (PPL – Private Pilot Licence) permet à son titulaire de voler en tant que commandant de bord de l’avion sur lequel il est qualifié, d’emmener des passagers et de voyager librement, partout dans le monde, sans toutefois exercer d’activité rémunérée.

Animé par une grande motivation, je me suis inscrit début 2009 dans un nouvel aéroclub basé sur l’aérodrome de Challes-les-Eaux : Les Amis du CLAP 73. J’y ai débuté ma formation sur DR400-160, un avion monomoteur à piston très répandu dans les écoles de pilotage.

J’ai eu la chance d’être accompagné par mon instructeur, Jean-Camille Plantier, un pilote expérimenté totalisant plus de 10 000 heures de vol. Son expérience et ses conseils ont été précieux dans mon apprentissage du pilotage.

Le 30 mars 2009, après seulement 6h50 de vol en double commande, est arrivé un moment inoubliable : mon premier vol en solo. Le fameux « lâché » ! Concentré au maximum sur mes actions et mes procédures, je n’ai même pas réalisé immédiatement que j’effectuais mon premier tour de piste seul à bord de l’avion. Une sensation unique, entre excitation et responsabilité, qui restera un souvenir inoubliable.

Quelques mois plus tard, le 17 juin 2009, j’ai obtenu mon examen théorique de la Licence de Pilote Privé (PPL).

Le 9 février 2011, après plusieurs mois de préparation, j’ai enfin passé mon test en vol et obtenu ma Licence de Pilote Privé.

Ce test restera une expérience particulièrement marquante en raison des conditions météorologiques. Entre octobre 2010 et février 2011, j’avais dû reporter ma navigation à huit reprises à cause d’une météo défavorable. Mais le 9 février 2011, une fenêtre météo s’est enfin présentée et j’ai pu réaliser mon test en vol :

Après mon décollage de l'aérodrome de Chambéry Challes-les-Eaux (LFLE), j’ai effectué plusieurs minutes de vol « on-top », c’est-à-dire au-dessus d’une couche nuageuse. J’ai ensuite rejoint l'aérodrome de Saint-Étienne (LFMH), où j’ai réalisé un touch-and-go, avant de prendre la direction de Mâcon (LFLM).

En cours de navigation, mon examinateur, Pierre Frechou, m’a demandé d’effectuer un déroutement. J’ai alors préparé mon nouveau cap afin de rejoindre l’aérodrome de Feurs (LFLZ).

À mon arrivée à la verticale du terrain, les conditions météorologiques ne me permettaient pas d’effectuer l’atterrissage, l’aérodrome étant masqué par une fine couche nuageuse. Mon examinateur m’a alors demandé de reprendre un cap vers l’aéroport de Chambéry Savoie Mont-Blanc (LFLB).

Après un bel atterrissage sur cette plateforme, nous avons redécollé afin de terminer le test par les exercices classiques de maniabilité : vol sans visibilité, décrochages, simulation de panne moteur…. Nous avons ensuite rejoint notre aérodrome de départ, Challes-les-Eaux (LFLE), où le vol s’est achevé.

Le test s’est terminé par un débriefing avec mon examinateur. C’est avec une immense satisfaction et beaucoup de soulagement que j’ai appris la réussite de mon examen et l’obtention de ma Licence de Pilote Privé (PPL).

Cette étape représentait une nouvelle avancée vers mon objectif ultime : devenir pilote de ligne.

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Etape 3 : Qualification Vol de Nuit

J’ai ensuite poursuivi ma formation au sein de l'Aéroclub de Savoie, basé sur l’aéroport de Chambéry Savoie Mont Blanc (LFLB), afin d’obtenir ma qualification au vol de nuit.

Cette qualification permet à un pilote privé d’étendre ses possibilités de vol en lui donnant l’autorisation d’évoluer de nuit, dans des conditions spécifiques, tout en développant de nouvelles compétences liées à la navigation et au pilotage dans un environnement différent.

J’ai réalisé cette formation avec mon instructeur Quentin Crozet. Nous avons commencé par une phase d’apprentissage des procédures spécifiques au vol de nuit, avec notamment la réalisation de plusieurs tours de piste nocturnes. Après avoir acquis suffisamment d’expérience et de confiance, j’ai été lâché de nuit, réalisant mes premiers tours de piste seul à bord de l’avion en tant que commandant de bord.

La formation s’est ensuite poursuivie par plusieurs navigations de nuit au départ de Chambéry (LFLB), à destination de :

  • Valence (LFLU),
  • Saint-Étienne (LFMH),
  • Lyon-Bron (LFLY),
  • Bourg-en-Bresse (LFHS).

Ces vols m’ont permis de développer de nouvelles sensations et de nouvelles méthodes de travail, notamment la préparation des navigations, la gestion des repères visuels limités et l’utilisation rigoureuse des instruments de bord.

J’ai terminé cette formation par un vol de contrôle avec Sébastien Leleux, alors chef-pilote de l’Aéroclub de Savoie. À l’issue de notre dernière navigation vers Bourg-en-Bresse, nous avons effectué le retour vers Chambéry, où il m’a confirmé la validation de ma qualification au vol de nuit.

Cette nouvelle étape représentait une progression importante dans mon parcours de pilote et me rapprochait encore un peu plus de mon objectif : devenir pilote de ligne.

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Etape 4 : l’Aptitude Médicale Classe 1

Avant de poursuivre ma formation de pilote, un élément essentiel restait à valider : étais-je réellement apte à exercer le métier de pilote de ligne ?

La formation de pilote professionnel représente un investissement humain et financier très important. Il était donc indispensable de m’assurer que je remplissais toutes les conditions médicales nécessaires avant de poursuivre cette aventure.

Le 14 novembre 2013, je me suis rendu à Toulouse, au Centre d’Expertise Médicale du Personnel Navigant (CEMPN), afin de passer ma visite médicale initiale de classe 1, obligatoire pour toute personne souhaitant devenir pilote professionnel.

Arrivé à l’aéroport de Toulouse à 7h50, j’ai quitté le terminal et parcouru à pied le petit kilomètre qui me séparait du CEMPN. Une nouvelle étape importante de mon parcours allait commencer.

aptitude medicale classe1

 À 8h15, la visite débute par le remplissage d’un questionnaire médical. Puis viennent les premiers examens : des photographies de chaque œil sont réalisées, suivies d’un test du champ visuel. Le principe est simple : fixer un point central et appuyer sur un bouton lorsqu’un point lumineux apparaît dans le champ de vision. Un examen impressionnant au premier abord, mais finalement assez simple à réaliser.

Après un court moment d’attente, je poursuis avec une prise de sang et un prélèvement urinaire.

Vient ensuite l’examen avec le médecin ORL. Celui-ci vérifie l’état général du nez, de la gorge et des oreilles, puis réalise différents tests, notamment la mesure de la pression dans chaque oreille et un test d’audition avec un casque où il faut appuyer sur un bouton dès qu’un son est perçu. À l’issue de ces examens, le verdict tombe : je suis apte au niveau ORL. Un premier soulagement… mais la journée est encore loin d’être terminée !

Après une nouvelle période d’attente, une pause petit-déjeuner m’est proposée. Ce moment est bienvenu car j’étais resté à jeun depuis le matin.

Les examens reprennent ensuite avec un électrocardiogramme ainsi qu’un test respiratoire destiné à évaluer ma capacité pulmonaire. Le principe est de souffler le plus fort possible dans un appareil afin de mesurer différents paramètres respiratoires.

Je rencontre ensuite un médecin qui réalise un examen général et m’interroge sur mon parcours, mes habitudes de vie et mes antécédents médicaux. Là encore, tout est conforme.

Il ne reste alors plus qu’une étape, mais pas la moindre : les examens ophtalmologiques. S’enchaînent alors de nombreux tests : mesure de l’acuité visuelle de chaque œil, lecture de caractères très fins, contrôle de la vision en relief, test de la vision des couleurs, résistance de l’œil à la pression et à la lumière, puis examen approfondi de chaque œil par le médecin.

Après cette longue série de contrôles, le verdict est positif : mes yeux sont en excellente condition. À ce moment précis, je ressens un immense soulagement. Une grande partie de l’incertitude vient de disparaître.

Pour terminer cette journée, le médecin responsable du CEMPN me reçoit dans son bureau. Après avoir étudié l’ensemble des résultats, il m’annonce la décision que j’espérais tant : je suis déclaré APTE à exercer le métier de pilote professionnel.

Nous signons alors mon certificat médical classe 1, véritable sésame pour poursuivre ma formation.

Je ressors du CEMPN à 12h00, avec un immense sourire, un poids en moins sur les épaules et surtout une motivation encore plus forte pour réaliser mon rêve de devenir pilote de ligne.

 

 

Etape 5 : Licence de Pilote de Ligne Théorique (ATPL)

 

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Maintenant que mon aptitude médicale était validée, je pouvais enfin poursuivre concrètement mon objectif de devenir pilote professionnel. L’étape suivante consistait à préparer la partie théorique de la Licence de Pilote de Ligne, appelée ATPL (Airline Transport Pilot Licence).

Cette formation théorique est l’une des étapes les plus exigeantes du parcours d’un pilote. Elle est composée de 14 modules couvrant l’ensemble des connaissances nécessaires au métier de pilote de ligne : 

 

  • 010: Droit Aérien et Procédures du Contrôle Aérien
  • 021: Cellules et Systèmes, Electricité, Moteurs
  • 022: Instrumentation
  • 031: Masses et Centrages
  • 032: Performances
  • 033: Préparation et suivi du vol
  • 040: Performance humaine et ses limites
  • 050: Météorologie
  • 061: Navigation Générale
  • 062: Radio Navigation
  • 070: Procédures Opérationnelles
  • 081: Mécanique du vol
  • 091: Communication VFR
  • 092: Communication IFR

 

Pour valider cette partie théorique, il faut réussir chacun des examens qui sont sous forme de QCM, avec un minimum de 75 % de bonnes réponses. À ce moment là, la réglementation imposait de réussir l’ensemble de ces 14 modules dans un délai maximum de 18 mois à compter de la première session d’examen, avec un maximum de 6 sessions d’examen et 4 tentatives par module.

Pour préparer ces examens, je me suis inscrit à l’l'IFAM (Institut de Formation Aéronautique de Montpellier). J’ai choisi de suivre cette formation à distance, ce qui m’a permis d’organiser mon apprentissage en parallèle de mes autres activités.

L’IFAM m’a fourni l’ensemble des supports nécessaires : livres, cours et documents pédagogiques couvrant les 14 matières du programme ATPL. À moi ensuite de m’organiser, de travailler régulièrement et de maîtriser une quantité importante de connaissances afin d’être prêt pour les examens.

Cette nouvelle étape marquait le début d’une période d’apprentissage intense, indispensable pour acquérir les bases théoriques du métier de pilote de ligne.

 

 

ATPL DGAC Orly

Le 21 juin 2016, j’ai présenté ma toute première session d’examens théoriques ATPL au centre d’examen de la DGAC à Orly. Pour cette première journée, j’avais choisi de présenter 5 modules :

  • 010 – Droit aérien et procédures du contrôle aérien
  • 021 – Cellules et systèmes, électricité, moteurs
  • 031 – Masses et centrages
  • 091 – Communication VFR
  • 092 – Communication IFR

L’arrivée au centre d’examen a été un moment particulièrement stressant. C’était la première fois que je me retrouvais face à ces examens officiels et je ne savais pas exactement comment allait se dérouler la journée.

Après avoir terminé ma première épreuve, je suis sorti de la salle en attendant le verdict. Une personne du centre m’a alors communiqué le résultat : il n’y avait pas de note détaillée, simplement une indication de réussite ou d’échec. Lorsqu’elle m’a annoncé que l’épreuve était validée, ce fut un immense soulagement. La pression est immédiatement redescendue et j’ai pu aborder les autres examens de la journée avec beaucoup plus de sérénité.

À la fin de cette première session, les 5 premiers modules étaient réussis. Une première étape franchie qui renforçait encore ma motivation.


Le mardi 22 novembre 2016, je suis retourné au centre d’examen de la DGAC à Orly pour présenter 3 nouveaux modules :

  • 022 – Instrumentation
  • 081 – Mécanique du vol
  • 032 – Performances avion

Une nouvelle fois, les résultats ont été positifs : les trois matières étaient validées. La confiance grandissait et j’étais de plus en plus motivé pour poursuivre cette formation ATPL exigeante.


Pour ma troisième session, les examens se sont déroulés les mardi 28 et mercredi 29 mars 2017. J’ai présenté trois nouveaux modules :

  • 040 – Performances humaines
  • 050 – Météorologie
  • 061 – Navigation générale

Parmi ces matières, la Navigation générale représentait un véritable défi pour moi. C’était un module particulièrement exigeant qui m’avait demandé énormément de travail et de préparation.

Une nouvelle fois, j’ai réussi ces trois examens dès la première tentative. À ce moment-là, j’étais particulièrement fier du chemin parcouru. Sur les 11 modules déjà présentés, les 11 étaient validés.

Il ne me restait alors plus que 3 matières à réussir pour obtenir ma Licence de Pilote de Ligne théorique (ATPL théorique). Ma motivation était plus forte que jamais et je savais que l’objectif se rapprochait.

 ATPL Orly DGAC

Le mardi 13 juin 2017, je me suis rendu une nouvelle fois au centre d’examens de la DGAC à Paris-Orly afin de présenter mes trois derniers modules ATPL :

  • 033 – Préparation et suivi du vol
  • 062 – Radio Navigation
  • 070 – Procédures opérationnelles

Après avoir terminé mon dernier examen, j’ai attendu le verdict de l’examinateur. Lorsqu’il m’a annoncé que l’épreuve était réussie, j’ai ressenti une immense satisfaction : je venais officiellement d’obtenir ma Licence de Pilote de Ligne théorique (ATPL théorique) !

Après un an de préparation et quatre sessions d’examens, les 14 modules étaient enfin validés. Ce fut incontestablement l’un des plus grands soulagements de toute ma formation jusqu’à présent. Tous les pilotes le savent : l’ATPL théorique représente une étape exigeante qui demande énormément de travail, de rigueur et de persévérance.

Avec le recul, je comparerais cette étape à un véritable marathon. Il ne sert à rien de vouloir aller trop vite : il faut avancer régulièrement, bien assimiler ses cours, s’entraîner avec des QCM en ligne et surtout garder confiance en soi.

Bien sûr, certains moments sont plus difficiles que d’autres. Certains modules demandent davantage d’efforts et chaque pilote rencontre ses propres difficultés au cours de cette formation. Mais il faut toujours garder en tête l’objectif final : devenir pilote de ligne. C’est cette passion du vol et cette envie profonde d’exercer ce métier qui permettent de surmonter les périodes de doute et d’aller jusqu’au bout.

Je tiens à remercier chaleureusement mon professeur Patrick Cormier, de l’IFAM à Montpellier, pour son accompagnement et ses précieux conseils durant cette formation, ainsi que les administrateurs du site Easy-ATPL, dont les outils d’entraînement aux examens m’ont également beaucoup aidé.

L’obtention de l’ATPL théorique représentait une étape essentielle de mon parcours. Une nouvelle porte venait de s’ouvrir vers mon objectif ultime : devenir pilote de ligne.

 

 

Etape 6 : Licence de Pilote Professionnel (CPL IR ME)

 

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Après l’obtention de mon ATPL théorique, je pouvais enfin passer à la phase pratique de ma formation professionnelle. Pour cette nouvelle étape, je me suis inscrit auprès de Global Aviation SA, une école reconnue ATO EASA (Approved Training Organisation), certification indispensable pour suivre une formation de pilote professionnel et obtenir les licences européennes correspondantes.

Cette école, basée à Athènes en Grèce, était dirigée à cette époque par son chef-pilote, Monsieur Varelas. Ce choix m’a également permis de découvrir un nouvel environnement aéronautique, avec une culture du vol différente et des conditions météorologiques particulièrement favorables à la formation.

Avant de débuter ma formation, j’ai dû effectuer le transfert de ma Licence de Pilote Privé française (PPL) vers les autorités grecques. À l’issue de cette démarche administrative, j’ai officiellement obtenu un PPL grec, en remplacement de mon ancienne licence française.

Le 31 août 2017, j’ai passé et obtenu ma qualification d’anglais OACI, indispensable pour communiquer à la radio en anglais et voler à l’international. J’ai obtenu le niveau 5 sur une échelle allant de 1 à 6, ce qui m’a permis de valider cette qualification pour une durée de 6 ans.

Quelques mois plus tard, le 28 novembre 2017, j’ai franchi une nouvelle étape décisive en obtenant ma Licence de Pilote Professionnel (CPL – Commercial Pilot Licence) ainsi que ma qualification IFR monomoteur (IR/SE).

Pour ces examens, j’ai effectué deux vols distincts :

  • un premier sur PA-44, un bimoteur à piston,
  • un second sur PA-28, un monomoteur à piston équipé pour le vol aux instruments.

Mon examinateur était Monsieur Gomelis, ancien pilote et instructeur militaire, possédant une très grande expérience aéronautique.

Nous avons commencé par un briefing détaillé afin de préparer le déroulement du vol. J’ai ensuite préparé et déposé le plan de vol avant de rejoindre l’avion.

Le premier vol s’est déroulé sur PA-44. Pendant environ 1h30, nous avons réalisé un vol en conditions VFR, comprenant plusieurs exercices : tours de piste avec différentes configurations de l’avion (avec volets, sans volets, remises de gaz…), navigation, exercices de maniabilité et simulation de panne moteur.

De retour au parking, après le débriefing, mon examinateur m’a adressé ces quelques mots qui m’ont particulièrement marqué :

« Benjamin, tu es un très bon pilote ! »

Ce compliment venant d’un pilote aussi expérimenté a été une immense satisfaction et une grande fierté.

Nous avons ensuite enchaîné avec le deuxième vol sur PA-28, cette fois pour la qualification IFR. Pendant environ 1h30 de vol, j'ai effectué des procédures aux instruments : interceptions de radiales, guidage, approche et gestion du vol sans référence extérieure.

À notre retour, mon examinateur m’a serré la main en me félicitant pour la réussite de mon IR/SE.

 

Le 3 décembre 2017, j’ai poursuivi avec la dernière étape de cette qualification : l’obtention de mon IFR multimoteur (IR/ME).

J’ai effectué ce dernier contrôle sur PA-44, le bimoteur à piston, lors d’un vol d’environ une heure en conditions IFR, toujours avec le même examinateur.

Le vol s’est parfaitement déroulé. À mon retour, j’ai pu signer les documents officialisant la réussite de mon examen et la validation de mon IR/ME.

À ce moment précis, j’avais du mal à réaliser le chemin parcouru. Quelques années auparavant, je réalisais mes premiers tours de piste en planeur à Challes-les-Eaux, et désormais j’avais en main toutes les qualifications nécessaires pour débuter une carrière professionnelle dans l’aviation.

J’étais officiellement titulaire de mon ATPL théorique « Frozen », c’est-à-dire l’ensemble des qualifications nécessaires pour poursuivre vers le métier de pilote de ligne.

 

 

Etape 7 : Formation de travail en équipage (MCC)

 

Une nouvelle étape majeure de ma formation de pilote : le Multi-Crew Cooperation (MCC), ou la formation au travail en équipage.

Jusqu’à présent, toute ma formation avait été orientée autour du pilotage en tant que pilote seul à bord, avec la responsabilité de prendre les décisions et de gérer l’ensemble des tâches. La formation MCC marque un véritable changement de mentalité : il ne s’agit plus seulement de savoir piloter un avion, mais d’apprendre à travailler efficacement en équipe dans un environnement où la communication et la coordination sont essentielles.

L’objectif de cette formation est de développer les compétences relationnelles des pilotes, appelées facteurs humains, et d’apprendre à répartir les tâches, à communiquer clairement et à déléguer efficacement les différentes actions nécessaires au bon déroulement d’un vol.

Pour cette formation, nous devons être deux pilotes dans le cockpit afin d’apprendre les deux rôles fondamentaux d’un équipage :

  • le Pilote en Fonction (PF – Pilot Flying), qui est responsable du pilotage de l’avion ;
  • le Pilote Monitoring (PM – Pilot Monitoring), qui surveille le vol, réalise les communications, effectue les vérifications et assiste le PF dans la gestion du vol.

J’ai réalisé cette formation sur 20 heures de simulateur FNTP II, reproduisant un Beechcraft King Air 200. Ces séances m’ont permis de découvrir une nouvelle façon de travailler : partager les informations, annoncer clairement ses intentions, anticiper les actions de l’autre pilote et coordonner chaque décision prise dans le cockpit.

Cette formation a été particulièrement enrichissante et pleine de surprises. Après des années à apprendre à piloter seul, il fallait désormais réapprendre certains automatismes et adapter notre manière de fonctionner. Apprendre à faire à deux ce que nous avions toujours réalisé seul depuis notre premier vol représente un véritable changement, et l’on se rend rapidement compte que cela transforme complètement la façon d’aborder le pilotage.

La MCC m’a permis de franchir une nouvelle étape vers le métier de pilote de ligne, où la sécurité repose autant sur les compétences techniques que sur la qualité du travail d’équipe.

 

Etape 8 : Jet Orientation Course (JOC)

JOC GARAVEL

Une étape complémentaire dans ma formation : la Jet Orientation Course (JOC).

Cette formation a pour objectif de familiariser les futurs pilotes de ligne avec les spécificités des avions à réaction, beaucoup plus performants et complexes que les avions à pistons utilisés jusqu’alors. Elle permet de découvrir les particularités du pilotage d’un avion équipé de réacteurs, ainsi que l’environnement opérationnel d’un vol en compagnie aérienne.

J’ai effectué cette formation du 8 au 10 février 2018 à Montpellier, au sein de la MAT-FC (Montpellier Aviation Training – Flight Center).

Cette école dispose d’un excellent simulateur générique reproduisant les principaux systèmes présents sur les avions de ligne modernes. Cette expérience m’a permis de découvrir un cockpit proche de ceux que l’on retrouve en exploitation commerciale, avec des systèmes beaucoup plus automatisés et une approche du pilotage différente de celle des avions légers.

Durant cette formation, j’ai également pu être accompagné par un instructeur très professionnel, qui m’a énormément appris sur l’organisation et le déroulement d’un vol type en compagnie aérienne : préparation du vol, gestion des systèmes, procédures, communication entre pilotes et gestion des différentes phases du vol.

Cette immersion dans l’univers des avions à réaction a été une expérience particulièrement enrichissante. Elle représentait une nouvelle transition dans mon parcours : après avoir appris à piloter des avions légers, puis à travailler en équipage, je découvrais désormais l’environnement opérationnel des avions de ligne.

 

Etape 9 : Qualification Type (QT) Phenom 100/300

phenom 100

Après avoir terminé ma formation de pilote professionnel, une nouvelle étape commençait : trouver mon premier emploi dans l’aviation et intégrer une compagnie aérienne.

J’ai alors envoyé plusieurs candidatures auprès de différentes compagnies, avec un objectif précis : obtenir mon premier poste de pilote professionnel et débuter ma carrière dans l’exploitation commerciale.

C’est finalement Pan Européenne Air Service qui m’a accordé sa confiance. Cette compagnie d’aviation d’affaires, basée sur l’aéroport de Chambéry Savoie Mont-Blanc (LFLB), m’a proposé un poste d’OPL (Officier Pilote de Ligne) sur Phenom 100 et Phenom 300.

Ces deux avions d’affaires biréacteurs, conçus par le constructeur brésilien Embraer, représentent une nouvelle génération d’appareils performants et modernes. Ils sont principalement utilisés pour des missions d’aviation privée et d’affaires, permettant de transporter des passagers vers de nombreuses destinations avec rapidité, confort et flexibilité.

Intégrer cette compagnie représentait l’aboutissement de plusieurs années de travail : depuis mes premiers vols en planeur à Challes-les-Eaux jusqu’à l’obtention de mes qualifications professionnelles, chaque étape m’avait rapproché de ce moment unique : devenir officiellement pilote professionnel.

 

Le Phenom 100E (5 Pax + 2 pilotes)

Phenom 100E

Le Phenom 300E (8 à 9 Pax + 2 pilotes)

F-HGPE

 

Bien évidemment, avant de pouvoir prendre les commandes de ces avions, il a fallu que je suive une formation spécifique afin d’obtenir ma Qualification de Type (QT).

J’ai eu la chance de réaliser cette formation directement sur avion, alors que de nombreuses qualifications de type sont aujourd’hui effectuées principalement sur simulateur. Cette expérience a été particulièrement enrichissante, car elle m’a permis de découvrir immédiatement les sensations et les exigences d’un véritable avion à réaction.

Mon premier vol sur Phenom 100 restera un souvenir inoubliable. Après plusieurs années passées à piloter des avions à pistons, le passage au réacteur représente un changement considérable : performances nettement supérieures, accélérations impressionnantes, nouveaux systèmes et nouvelle philosophie de pilotage. La différence entre un avion d’école et un jet d’affaires est immense, et les sensations ressenties lors de ce premier vol étaient exceptionnelles.

Après 12 heures de vol et 8 vols d’entraînement, j’ai passé avec succès mon test de Qualification de Type. J’étais désormais officiellement qualifié pour piloter ces avions et une nouvelle phase de mon apprentissage allait commencer : l’AEL (Adaptation En Ligne).

Cette étape est essentielle dans la formation d’un jeune pilote professionnel. Elle consiste à effectuer des vols commerciaux réels, avec des passagers, tout en étant accompagné par un commandant de bord spécialement qualifié pour superviser cette période d’adaptation. L’objectif est de permettre au nouveau pilote d’acquérir progressivement de l’expérience en conditions opérationnelles, tout en garantissant le plus haut niveau de sécurité.

Le 13 août 2018, j’ai réalisé mon tout premier vol commercial en jet d’affaires en tant qu’Officier Pilote de Ligne.

Ce jour marquait officiellement le début de ma carrière de pilote professionnel. Environ 10 ans après mon premier vol en tant qu’élève-pilote, je réalisais enfin mon rêve : vivre de ma passion et exercer ce métier dont j’avais toujours rêvé.

Ce parcours m’a appris une chose essentielle : avec de la persévérance, du travail et une véritable motivation, il est possible d’atteindre des objectifs qui peuvent parfois sembler inaccessibles.

Aujourd’hui, je peux le dire avec une immense fierté : je suis pilote de ligne.

 

Uniforme de pilote français - Benjamin GARAVEL

  

 

 La suite de ma carrière de pilote

 

En 2021, une nouvelle étape majeure de ma carrière s’est concrétisée : je suis devenu Commandant de Bord (CDB).

Accéder à cette fonction représente bien plus qu’un simple changement de siège dans le cockpit. En passant à gauche, je devenais le responsable du vol, de la sécurité de mes passagers, de mon équipage et de l’avion. Les missions évoluent considérablement : il faut prendre les décisions opérationnelles, gérer les imprévus, coordonner l’équipage et porter la responsabilité finale de chaque vol.

J’ai ressenti une immense fierté au moment de devenir commandant de bord. Bien sûr, les premiers vols après le fameux « lâcher Captain » sont des moments particulièrement intenses. Même avec l’expérience accumulée, prendre seul la responsabilité du vol demande une grande concentration et une réelle capacité d’adaptation.

 

Après 3 années en tant qu’OPL, puis 3 années en tant que CDB dans l’aviation d’affaires, et avec environ 3000 heures de vol sur Phenom, j’ai ressenti le besoin de découvrir un nouvel univers aéronautique :

En février 2024, j’ai donc décidé de quitter l’aviation d’affaires pour rejoindre l’aviation de ligne.

 

C’est avec une immense fierté que j’ai intégré le Groupe Air France, en rejoignant Air France HOP en tant qu’Officier Pilote de Ligne sur Embraer 170 et Embraer 190. Une nouvelle aventure débutait : celle du transport de nombreux clients Air France sur le réseau court et moyen-courrier, au sein de ce grand groupe aérien.

J’ai réalisé ma Qualification de Type Embraer 170/190 chez FlightSafety à Paris Le Bourget, entre mars et avril 2024. Cette formation m’a permis de découvrir un nouvel avion, une nouvelle organisation opérationnelle et une nouvelle manière de travailler en équipage.

J’ai ensuite débuté mon AEL (Adaptation En Ligne) accompagné par des instructeurs passionnés et pédagogues, qui m’ont permis de prendre mes marques dans cet environnement totalement nouveau.  

 

Après un peu plus de deux années extraordinaires passées sur le réseau régional et sur cette incroyable machine qu’est l’Embraer 170/190, une nouvelle page de mon histoire de pilote s’est ouverte.

C’est avec une immense fierté que je peux aujourd’hui annoncer mon intégration au sein de la maison mère Air France – Transavia, en tant qu’Officier Pilote de Ligne (OPL).

Les mots sont difficiles à trouver pour exprimer ce que je ressens : la joie, le bonheur, la fierté et surtout la reconnaissance envers toutes les personnes qui m’ont accompagné, conseillé et soutenu tout au long de ce parcours.

Depuis mes premiers tours de piste en planeur à Challes-les-Eaux jusqu’à cette nouvelle étape, chaque rencontre, chaque instructeur, chaque collègue et chaque expérience ont contribué à construire le pilote que je suis aujourd’hui.

En juin 2026, j’ai donc débuté ma nouvelle formation de Qualification de Type (QT) sur Airbus A320neo.

Découvrir un avion de cette génération représente une nouvelle étape majeure dans ma carrière. Après le planeur, les avions légers, les jets d’affaires Phenom, puis les Embraer 170/190, je découvre désormais l’univers d’un avion de ligne moderne, exploité par un grand groupe aérien international.

Cette nouvelle aventure marque une nouvelle progression dans mon parcours, mais aussi la continuité d’un rêve commencé lorsque, enfant, je regardais les avions passer au-dessus de ma maison en imaginant qu’un jour je serais aux commandes.

Aujourd’hui, je continue d’apprendre, de progresser et de vivre pleinement cette passion qui m’anime depuis toujours.

Le rêve continue…

 

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